Cher Stéphane Furina

enseignant-caf6d

Mon cher Stéphane,

Tu permets que je te tutoie et que je t’appelle Stéphane ? Réflexe de collègue, tu sais. Même si tu sembles avoir une sacrée dent contre tes collègues. Enfin une partie, une « minorité » comme tu dis. J’ai découvert ton existence dans cet article, qui présente ton bouquin, Pire que les élèves, bouquin dans lequel tu dénonces les « mauvais professeurs », nombreuses anecdotes à l’appui.

Avant toute chose rassure-toi. Je ne me lancerai pas dans un réquisitoire contre ta personne, je ne me lancerai pas dans la construction d’une poupée vaudou à ton effigie, et je n’activerai pas non plus mon impressionnant réseau sicilien. Par contre, je me permettrai de te poser quelques questions.

En premier lieu, je m’interroge quant à la pertinence de cet écrit. Quel était ton but en écrivant ça ? Tu décris ce bouquin dans ton interview comme thérapeutique. Admettons. Etait-il, dans ce cas, nécessaire d’exposer tes tourments d’élève au grand public ? Personnellement, j’ai rarement eu assez de rancune pour remplir plus de dix pages (c’était contre Vincent, en 3ème, qui ne m’a JAMAIS rendu le deuxième tome du Seigneur des Anneaux. Tu imagines ?)
Tu pourras à bon droit – toi et tes lecteurs – me répliquer que ton ouvrage permet enfin de libérer la parole et de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Haro sur les profs, ricanant dans leur tour d’ivoire, coupés des réalités du monde et invincibles.

Sauf que non.

Étant prof toi-même, tu dois être au courant que notre profession n’est pas à l’abri des critiques. En fait, je pense même que c’est l’une des plus exposées qui soit. Et ce n’est pas pour me plaindre : avant d’embrasser la carrière d’enseignant, j’ai été successivement démarcheur téléphonique, secrétaire et intermittent du spectacle. Pas vraiment des boulots qui ont une haute côte de sympathique, tu admettras. Et pourtant, aucun d’entre eux ne m’a semblé recueillir autant de suffrages négatifs, que ce soit au niveau de l’opinion publique que dans certaines sphères politiques ou sociologiques. On se rappellera entre autres de déclarations expliquant nous bossons deux jours par semaine, que nous sommes toujours en grève ou que nous exerçons une profession d’appoint, sans évolution. En fait, ton bouquin va dans le sens d’un discours sur les profs usé jusqu’à la corde sur les enseignants, et qui perdure malgré tout. Heureusement il n’est pas le seul. Cependant je continue à m’interroger. Pourquoi ? Pourquoi ce livre ?

Tu donnes un élément de réponse en disant qu’il s’agit d’un appel à se mobiliser contre les « mauvais profs ». Et tu vas plus loin quand, évoquant les réactions désagréables de certaines de tes collègues suite à la parution de ton oeuvre, tu estimes que quand on n’a rien à se reprocher, on n’a pas à se sentir visé.
Je me suis promis de ne pas faire preuve de sarcasme dans ce billet et ne relèverai donc pas la maturité désarmante de ce dernier propos. Par contre, j’apprécierais beaucoup que tu me donnes ta définition d’un prof « qui n’a rien à se reprocher ».

Parce que je n’en suis pas un.

Tiens, pas plus tard qu’hier, j’ai fait un cours nullissime à mes 4èmes Chocobo. Je me suis vite rendu compte que mon propos n’était pas clair, et les activités proposées bien trop simples pour leur proposer un défi intellectuel quelconque. Du coup ils ont bavardé, je me suis énervé et le cours a fini dans une ambiance détestable. Ça m’arrive de temps à autres. Et ce cours là, j’ai à me le reprocher. Alors que préconises-tu, dans mon cas, Stéphane ? Parce que dénoncer, crier, s’indigner, c’est très bien, mais concrètement, que faut-il faire ? Me faire tutorer par un prof pour qui ça n’est jamais le cas ? (sélectionné par qui ?) Baisser mon salaire pour me motiver à mieux travailler ? Me muter dans un établissement moins prestigieux ? (je reprécise, à toutes fins utiles que j’enseigne en banlieue parisienne)

Je pense à ce collègue avec qui je partageais un mur l’année dernière. C’était difficile pour lui. Ses cours ne tenaient clairement pas la route, et les conseils que nous lui donnions rebondissaient en vain quand on lui parlait. Je pense qu’il aurait terminé en bonne place dans ton opuscule. Et après ?

Ce qui me dérange, Stéphane, c’est que ton courage sonne un brin faux. Se révolter c’est bien. Ça peut contribuer à attirer l’attention sur un dysfonctionnement et puis ça donne un chic fou dans les salons, actuellement. Le problème c’est que ça ne suffit pas.

J’aimerais savoir ce que tu fais, concrètement, Stéphane, pour aider tes collègues. Non non, pas tes élèves. Je crois avoir compris que toi, tu ne seras jamais celui qui les traumatisera, et que ta pédagogie est parfaitement au point. Tu es de ceux « qui n’ont rien à se reprocher ». Mais ceux qui pourrissent la salle des profs de leurs commentaires haineux, les seigneurs noirs de ton bahut. Qu’est-ce qui alimente leur haine et ce qui semble être leur incompétence ? Comme tu le sais mieux que moi, dans les compétences de l’enseignant (le document qui constitue notre lettre de mission), nous est demandé d’ « organiser et assurer un mode de fonctionnement du groupe favorisant l’apprentissage et la socialisation des élèves. »

Je suis sans doute un peu chochotte, mais il me semble que présenter aux élèves un modèle social dans lequel on s’en prend à ses collègues – fusse dans les pages d’un bouquin – est un peu sujet à caution. J’espère également que tu milites activement pour le recrutement et la formation d’inspecteurs de disciplines, nos supérieurs hiérarchiques, qui peuvent venir dans nos classes, nous évaluer et nous conseiller sur nos pratiques. Peut-être qu’eux pourraient « agir contre les mauvais professeurs ». Parce que même si c’est libérateur, je ne suis pas persuadé que les commentaires peu amènes que ton livre ne manquera pas de provoquer sur notre profession fassent beaucoup avancer les choses.

Pour terminer, et céder à mon vice de me changer en psychologie de comptoir, Stéphane, je me permettrai de relever une phrase de ton interview qui m’a quelque peu fait sourciller (tu penseras à signaler à la foule armée de torches et de fourches qui ne manquera pas de déferler sur nous, les « profs qui ont quelque chose à se reprocher », que je maîtrise au moins l’euphémisme). Tu dis être devenu prof par « revanche » envers les enseignants qui te brimaient. Devenir l’un de tes bourreaux.

Je ne veux pas juger de ton boulot. Mais la naissance de ta vocation, elle, me semble très moyennement saine.

Au plaisir, collègue.

Un prof qui a des centaines de choses à se reprocher.

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23 réflexions sur “Cher Stéphane Furina

  1. Lucile

    Bon article comme toujours ! 🙂
    Mais, tout en n’approuvant pas Stéphane Machin, dire que sa vocation est malsaine c’est je pense aller un peu loin…Je pense qu’il voulait simplement dire qu’il a pris sa revanche en exerçant une profession intellectuelle (sisi xD) qui nécessite 5 ans d’études et qui est réservée quoiqu’on dise à une certaine élite…fin je le prends comme ça.
    Continuez, j’aime vos blogs ! 🙂

    1. H. Samovar

      Merci du commentaire Lucile !

      Je comprends votre remarque, mais je continue à être un peu interpelé par ce choix de carrière. Cette personne aurait pu prendre sa revanche en exerçant une profession intellectuelle plus « cotée » (il y en a des tas). Vouloir devenir ce qu’on a méprisé – pour une partie du moins – dans son enfance me paraît très étrange, surtout quand on considère qu’il a sorti le livre dont je parle dans ce billet.

      A très bientôt !

      1. Cha

        En ce qui me concerne, j’interprète plutôt cette « revanche » comme le désir de prouver à ceux-là qu’on peut faire mieux, leur montrer ce que serait un bon prof. Une façon de leur répondre, en quelque sorte « regardez l’élève « nul », s’il peut faire mieux que vous, c’est que vous étiez pire » (ça me semble cohérent avec le titre de son livre, d’ailleurs. Après, je ne suis pas dans sa tête, comme on dit, et je comprends que la remarque vous ait interpelé.

      2. Prof à l'ancienne !

        En tout cas, H. Samovar est un prof zélé qui applique, niveau orthographe, les consignes du ministère avant même la date officielle de leur mise en application (qui, rappelons-le sera la rentrée 2016 !) J’en suis tout interpellé !

      3. Agmo

        Bonjour,

        Je crois que l’origine de sa vocation a peu d’importance car l’essentiel est sa relation avec ses élèves ! Et elle est bonne, ce qui est le plus important
        Vous avez des reproches à vous faire mais Stéphane Furina ne dit pas dans son livre qu’il est parfait ! Il accuse les pires profs ! Et pourquoi pas ? En tout cas, il a été puni de sa prise de liberté d’expression, par contre, les mauvais profs et il y en a, pourquoi n’aurait-on pas le droit d’alerter sur ce sujet par ce que l’on est enseignant soi-même ? Parce que cela ne se fait pas ?…
        Eux en tout cas ces chers mauvais profs que l’on a tous croisés un jour et que nos enfants croisent à leur tour restent bien impunis..certes c’est un métier difficile mais ce n’est pas le seul métier à être difficile : lorsque vous êtes formateur pour adultes ,si cela se passe mal, vous êtes virés ..il serait peut être temps que ce métier de prof change de statut
        De toute façon le fonctionnariat n’attire pas les jeunes puisque nous manquons de profs de maths par exemple !
        La réforme elle est là : changer le recrutement des enseignants, leur formation et leur statut, leur donner une formation initiale plus adaptée aux besoins du terrain et qui leur permette de changer de métier si besoin
        Et nos têtes blondes ou rousses ou brunes ne s’en porteront que mieux !

  2. Gay

    Merci pour ton poste cher collègue;-) Et merci de rétablir un peu de justice aussi.. Tout est bon pour pourrir notre beau métier plein de branquignoles comme partout hélàas. MAIS tout est surtout bon pour se faire du fric en pubilant des ouvrages nauséabonds comme celui de ce prof d’anglais…

    1. Agmo

      Que vous êtes susceptibles les profs ! Si vous aviez été commercial que diriez-vous? car on traite les commerciaux de voleur ! Et pour d’autres professions c’est autre chose etc.. La société a changé et en effet on ne respecte plus le professeur comme autrefois où il était vu comme le maire, le curé, le Medecin ou le notaire du village! Ce temps est bien fini et parfois oui en tant qu’enseignant, je constate un manque d’éducation chez mes élèves ! Mais pour autant j’accepte qu’un collègue prof d’anglais écrive un livre sur les mauvais profs alors pourquoi vous vous indignez autant ? Je pense qu’au lieu de s’indigner, on devrait se soutenir tous (ce qui est loin d’être le cas avec des enseignants souvent individualistes) dans l’intérêt des enfants

  3. flowmoi

    Bonjour, je ne suis pas enseignant et je préfère le préciser mais ma femme l’est. Ce qui est dingue c’est qu’il a dû sortir de ses études pour faire enseignant car il se rendrait compte que dans TOUS les métiers qui sont au contact du public on se moque en équipe pour décompresser. Que dire des médecins qui parlent des patients? Des assistantes sociales qui se moquent de certaines personnes (pourtant dans le besoin)? Lorsque l’on fait un métier éprouvant il faut décompresser et si ce monsieur ne l’entend pas comme ça il devrait changer de voie. Mais au moins en écrivant son livre il aura réussi à améliorer ses fins de mois car je ne sais pas s’il en parle mais en plus d’être vu comme des fonctionnaires ils sont les plus mal payés de la fonction publique (rapport niveau étude/concours). Bref un idiot qui devrait regarder autour de lui (les autres métiers) et arrêter de regarder son nombril. Merci de votre article

  4. kafeine

    J’ai vu ce monsieur par hasard lors d’une de ses (trop) nombreuses promos sur canal+. J’ai immédiatement consulté son site pour me faire une idée…. et je n’ai pas été déçue. Outre une série de photos toutes plus ridicules les unes que les autres, avec des commentaires désolants, ce site est rempli de commentaires anecdotiques et haineux, mais tous à la gloire du « courage » de ce monsieur. Je suis ravie de tomber enfin sur un blog réfléchi et argumenté, qui remet ce monsieur à sa place et sur un ton poli et légèrement ironique. Je lui ai moi-même envoyé un commentaire, sur le même ton, mais ai été gratifiée d’une réponse cinglante et inappropriée: « merci chère madame, et laissons les élèves crever!!! bonne journée ». Dans mon message, je ne faisais que corriger quelques erreurs de français trouvées dans une de ses pages, et surtout lui faisais remarquer qu’il faisait les mêmes erreurs que nos élèves en construisant une argumentation à partir d’éléments personnels et anecdotiques. La critique constructive ne semble pas faire partie des pratiques pédagogiques de ce monsieur, et il semble avoir le sentiment qu' »il a toujours raison ». Notre métier a ouvertement été la cible d’un ancien président, et nous sommes désignés comme les premiers responsables des échecs liés aux nombreuses réformes précipitées et consignes d’enseignement pondues par des « pédagogues » à des années lumière de la réalité du terrain. Bref, la copie de ce monsieur me fait plus l’effet d’un mauvais devoir d’élève que d’une réflexion argumentée et sérieuse. Mais il a trouvé le bon créneau. Aujourd’hui, on va chercher la cause de son mal-être chez le voisin, plutôt que de prendre de la hauteur et chercher la cause réelle des dysfonctionnements. Si la démagogie outrancière dont il fait preuve était la solution, on le saurait. J’attends avec impatience le 2e tome de ses œuvres, en espérant qu’il nous dévoilera enfin son secret pour être toujours au top, et toujours parfait… Une prof pas parfaite, qui fait parfois des cours nuls, parfois du bon boulot, et qui a du mal avec les redresseurs de tort qui se trompent de cible

    1. H. Samovar

      Je pense que, dans ces moments-là, après avoir vidé nos nerfs qui en ont bien besoin, il ne reste plus qu’à bosser le mieux possible. Je suis sans doute extrêmement vieux jeu, mais je crois dur comme faire à l’émulation par l’exemple : montrons à quel point les pages de ce bouquin sont dénuées de sens. Ce sera long, difficile… mais super satisfaisant au bout du compte.

      1. Correcteur

        Décidemment, vous avez des problèmes avec la langue française…
        Je me permets de corriger:

        Faux: « Pour terminer, et céder à mon vice de me changer en psychologie de comptoir, Stéphane, je me permettrai… »
        Correct: « Pour terminer, et céder à mon vice de me changer en psychologue de comptoir, Stéphane, je me permettrais… »

        > Vous êtes une personne donc « psychologue » serait plus adapté.
        > Usage du conditionnel et non du futur…

        Par ailleurs, l’expression adéquate est « dur comme fer » et non « dur comme faire » à moins qu’il s’agisse d’un trait d’esprit, d’humour…

  5. En France le bon sens et l’intelligence ont perdu la guerre contre le politiquement correct. Et quand une guerre est perdue il ne reste que 2 catégories… Les résistants te les collabos. Ce Stéphane Furina caresse dans le sens du poil ce qui détruit l’école depuis au moins 40 ans: La démagogie, le pédagol, le sociologisme et le carriérisme. Je suis persuadé que sa hiérarchie a adoré son action et travail de sape. C’est édifiant! La misère sociale est entrée dans l’école, les enseignants font de leur mieux et décréter qui est bon ou mauvais prof est une attitude assez prétentieuse voire stalinienne.

    1. Agmo

      Non mais n’importe quoi !
      Dans n’importe quel boulot, il y a des bons et des mauvais ! C’est comme cela ! Alors faut pas crier sur les mauvais et pourquoi pas ?
      J’enseigne et oui cela m’agace de voir que les profs ne supportent pas la critique ! J’ai travaillé 15 ans dans l’industrie avant de devenir prof , et dans le privé, il faut en permanence accepter de se remettre en question et ce n’est pas si grave, c’est ainsi que l’on s’améliore !
      Ce monsieur Furina a osé critiquer certains de ses collègues ; c’est ce qui se passe partout ! Dans toutes les boites et toutes les salles de profs !! Sauf que là cela a donné lieu à une publication ! Et alors ? Quel est le problème ?
      Car en fait cela est bien plus simple qu’il n’y paraît !
      Pourquoi se préoccuper de savoir si on vous critique ou pas ? Quand vous êtes un bon prof, vos élèves vous le rendent bien …tout simplement
      Et sans doute que cette reconnaissance de ses élèves ne suffisait plus à Mr Furina, pour des raisons qui lui sont personnelles, mais cela ne gêne que ceux qui vivent mal leur métier et ceux-là, ils devraient changer de job comme moi je l’ai fait !

  6. Piat

    Rien à voir! Vous mélangez tout là! Le but n’est pas qui est bon qui est mauvais, mais plutôt qui respecte l’équilibre psychologique de nos enfants! Et oui vous avez à faire à des être en construction et lorsque le mal est fait c’est trop tard! La portée est bien plus profonde que dans n’importe qu’elle boîte où l’on a à faire à des adultes, désolée! Je suis choquée de voir que des profs ne réagissent que par fierté se sentant remis en cause. En fait, les enfants, rien à foutre! C’est bien! J’espère qu’aucun de vos enfants ne sera jamais touchés par ceux sur qui vous fermez les yeux! Honte à vous!

    1. H. Delacroix

      Siiiinon je vous invite à lire… allez… quatre posts au hasard de ce blog, où vous découvrirez les aventures d’adultes (pas que moi, loin de là) pour qui, les mômes qu’on leur confie sont d’une importance démesurée.

      Et oui, quand un rapport entre un enfant et un prof ne passe pas, il y a de la compassion de l’écoute et de la compréhension à témoigner des deux côtés… C’est sûr que c’est moins sexy que de réclamer un bûcher en place publique, mais je vous jure que c’est nettement plus efficace.

    2. dufret

      Je ne pense pas que « les profs » (au passage « les profs », ça ne veut rien dire, ce n’est pas un groupe monolithique) réagissent par fierté mais plus par indignation, et lassitude de servir de bouc émissaire (public, ministre etc) à des gens qui n’ont aucune notion de la difficulté actuelle du métier Dans toutes les professions il y a des gens moins bons que d’autres, et aussi quelques erreurs de casting, mais étrangement ce n’est qu’aux profs que l’on demande d’être parfaits. Quand aux leçon de morale concernant les enfants, vous vous les gardez merci, un prof prend en charge maintenant 20 à 30 gamins que leurs propres parents sont incapables d’éduquer un minimum mais qui se permettent d’être « choqués » quand l’école n’arrive pas rattraper leurs erreurs !!!! Commencez par apprendre à vos enfants à respecter leurs enseignants, il y aura déjà moins de profs à bout de nerf. Enfin sachez que personne ne ferme les yeux contrairement à vos insinuations, mais on n’est pas obligés de se faire de l’argent avec un « bouquin » démago et vendeur pour agir : parler avec les enfants, intervenir en douceur en cas de problème avec un collègue, ça se fait souvent. Ah mais bien sûr il n’y a pas les médias, et le quotidien ingrat ça n’intéresse personne….. Comme vous dites, honte à vous !

  7. Bjr à tous. M. Samovar, voilà un post bien écrit et qui prend grand soin de ne pas utiliser de mots blessants. Qui dit son désaccord sans accuser… ou en tout cas sans vouloir accuser. Qui fait attention à ne pas généraliser 🙂 Je découvre votre blog par ce post et je suis déjà persuadé que vous utilisez le même comportement vis à vis de vos élèves. Merci.

    Cela dit, vous aussi vous avez déjà rencontré des profs qui, non seulement lâche un mot dégradant sur un élève, mais finissent par en faire leur comportement majoritaire. Ils sont une minorité… mais une minorité suffisamment bien représentée pour que tout élève en rencontre au moins un dans sa vie ! Oui, le métier de prof est exigeant (voir les différents arguments déjà développés sur l’enfant = être en devenir). Oui, un élève doit aussi apprendre à réagir face à un prof qui se lâche puisqu’il en rencontrera d’autres, des êtres humains qui ne sont pas parfaits. Donc le problème, ça n’est pas tel ou tel prof. Le problème c’est l’institution qui n’admet pas que cela existe et qui n’admet pas qu’il faut agir de façon ferme et efficace dans ces situations.

    Je ne suis pas prof. Je suis un parent d’élève très souvent impliqué dans le parcours de ses deux enfants. J’ai écouté et j’écouterai encore si besoin ce qui se dit en général sur l’indispensable autonomie pédagogique du prof dans la classe, sur le respect des prof… Merci à vous si vous avez déjà pris des initiatives locales pour accompagner tel ou tel prof qui dérapait. Tout ça est bel et bien. Mais ne pas admettre que l’institution manque de clairvoyance, de courage et d’efficacité et que cela met certains élèves en situation dramatique est une attitude irresponsable. J’ai entendu un Principal de collège me répondre « je sais très bien que ce prof n’est pas à sa place, nous avons commencé à prendre des mesures, mais c’est extrêmement compliqué d’avancer, je suis assez pessimiste qu’on y arrive un jour (soit à faire évoluer ce prof, soit à lui retirer toute charge d’élève) ». Et je suis persuadé que ce Principal y mettait beaucoup d’énergie mais l’institution ne lui permettait pas de prendre les mesures qui s’imposaient.
    Voilà pourquoi un pamphlet comme celui de Stéphane Purina peut aider à faire évoluer les choses. C’est urgent pour tous les élèves qui souffrent aujourd’hui, là, maintenant.

    Quant à trouver des solutions positives plus larges. Je vous rejoins. Parents et enseignants, rejoignons les différents lieux où on parle et où on met en œuvre des approches qui mettent en avant le bonheur à l’école. Bon courage à tous.

    1. Lexi

      Mon père était professeur des écoles.
      Il nous racontait souvent les entretiens avec les parents d’élèves.
      Ceux qui refusent d’accepter que leur enfant est une bille et malheureusement ne pourra pas aller bien loin. Parfois quand on est mauvais, on reste mauvais même en payant des cours, même issus d’un milieu aisé et même avec une certaine volonté. Certains sont limités par leurs capacités un point c’est tout ! Comme dans le sport, certains sont nés pour être des champions et d’autres non !

      Aujourd’hui, on s’offusque pour un rien.L’enfant est roi et le problème est là. En CE1 j’ai eu une fessé par mon enseignant, si aujourd’hui ce geste se reproduisait ce serait le drame. C’est consternant et ridicule.

      Mon père était une main de fer dans un gant de velours. Les professeurs qui m’ont le plus marqué et m’ont donné envie d’apprendre étaient les plus exigeants, strictes mais justes.

      Comme dans chaque corps de métier, il y a de bonnes et de mauvaises personnes et cela s’applique aussi pour les élèves.

      Parfois, il est insupportable de regarder la vérité en face et on préfère désigner l’enseignement comme responsable de l’échec de sa progéniture.

      1. @Lexi. Je vous souhaite qu’aucun enseignant ne dise jamais de votre enfant qu’il est « une bille », comme vous dites. Premièrement parce qu’il peut avoir de vraies difficultés en orthographe, en arithmétique (lire, écrire et compter) ou autres compétences dument soupesées et évaluées à l’école, en ignorant complètement d’autres compétences. L’école, jusqu’ici, ne travaille que sur deux dimensions de l’intelligence (l’intelligence logico-mathématiques et l’intelligence verbo-linguistique) alors qu’il en a été identifiées 8 (cf. Goleman, vers 1982). Ensuite, quand un enfant ou un jeune présente des difficultés, il n’est pas rare que les adultes autour de lui, à commencer par ses parents, y soient pour quelque chose. Par exemple en lui ayant collé bien jeune une étiquette du genre « tu n’y arriveras pas ». Enfin, est-ce que vous mettez dans la catégorie « on s’offusque pour un rien », les comportements que l’on nomme aujourd’hui « harcèlement scolaire » ? Il y a toujours eu des souffre-douleur, me direz-vous. Mais est-ce qu’il ne serait pas de notre devoir d’adulte de faire beaucoup et même un peu plus pour révéler le meilleur chez des humains en devenir, dont je suis convaincu (ça n’engage que moi) qu’ils sont tous bons à la naissance. Qu’ont révélé chez vous telle fessée ou telle punition ? Le meilleur de vous mêmes ou l’autorisation de faire de même sur un plus faible ? C’est une vraie question ouverte que votre texte m’a suggérée et à laquelle vous êtes le seul à pouvoir répondre.
        Ah, autres nuances que je laisse à votre réflexion : quelle différence entre sanction et punition ? entre autorité et autoritarisme ? entre société verticale et société horizontale ? Entre bonheur d’apprendre et connaissances inculquées ? … Je pense qu’il faut bien une vie, et en plus en écoutant l’avis d’autres, pour progresser sur ces différents équilibres et bien d’autres. Je m’en vais retourner à continuer à les rechercher, inlassablement.

  8. Une élève

    Bonjour M. Samovar, je suis tombée par hasard sur votre page, bien que mon commentaire ne sera sûrement pas lu vu que plusieurs mois ce sont écoulés, et qui parlait de Pire que les élèves. J’ai étais intriguée de votre perception des choses. Je connais Stéphane Furina car j’ai étais moi-même une de ces élèves. J’ai 15 ans et je suis rentrée en seconde. J’ai eu M. Furina en prof en 6e et en 3e. Arrivée au collège, je ne savais presque pas parler anglais mais en fin de 6e je savais faire des phrases et conjuguer et en 3e j’étais nulle, il n’y a pas d’autre mot mais M. Furina s’est adapté à tous les niveaux bien que j’avais du mal. Maintenant, je me débrouille en anglais bien qu’avec quelques petites difficultés. Tous ça pour dire que même si vous trouvez que l’origine de son ambition pour devenir prof est assez bizarre mais Stéphane Furina est un prof Formidable (avec un grand F) et même si après la parution de son livre il a eu quelques soucis avec ses collègues, il gardait son sourire et sa bonne humeur. il est amoureux de son travail et adore ses élèves bien que la raison vous a paru extrême.
    Mes salutations, une élève qui a lu et relu Pire que les élèves et a acheté Perles de profs.

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